Les vainqueurs des Trophées des Bâtiments Circulaires sont connus. 8 lauréats et 4 mentions honorables pour cette deuxième édition répartie en 4 catégories : bâtiments résidentiels neufs, bâtiments résidentiels rénovés, bâtiments tertiaires et hors cadre.
Lancée le 7 février dernier, la deuxième édition des Trophées des Bâtiments Circulaires revient pour mettre en lumière les projets de construction ayant intégré des matériaux de réemploi en France mais aussi dans d’autres pays francophones (Suisse, Canada, Luxembourg, Belgique) et dans les territoires d’Outre-Mer.
Initié par A4MT qui porte le Booster du Réemploi (la plus grande initiative collective en faveur du réemploi des matériaux), et en partenariat avec le Pôle Fibres-Energivie, l’évènement a connu cette année un franc succès : plus de 33 candidatures qui ont été reçues.
3 principaux critères d’évaluation ont été pris en compte pour rendre la décision et désigner les vainqueurs :
Le défi relevé : bâtir une maison frugale en auto-construction
Célia Auzou, architecte de formation, a construit sa propre maison, au cœur de l’Ardèche, en intégrant des matériaux de réemploi, aussi bien sur la menuiserie intérieure que les éléments extérieurs, comme les fenêtres. Par ailleurs, les appareillages électriques, la terrasse, le revêtement mural et de plafond, les ossatures des cloisons, le mobilier et l’électroménager sont issus du réemploi. Situé dans une zone rurale dont la ressource foncière est importante, le projet se révèle frugal du point de vue de sa surface, 36 m², sous laquelle s’étend un atelier en rez-de-sol. Au total, 14 tonnes de matières ont été réemployées pour bâtir la maison et ses aménagements extérieurs.
Le défi relevé : convertir des bureaux en logements, en intégrant 100% de réemploi.
Le défi relevé : mobiliser le réemploi de matériaux au service de la valorisation patrimoniale.
Le projet fait la part belle à la rénovation d’une « case béton » typique de l’architecture réunionnaise, qui a également été surélevée à cette occasion. Les matériaux réemployés concernent entre autres la charpente, la couverture, le parquet et les menuiseries. Les éléments de sanitaires sont également issus des filières de réemploi, ainsi que certains aménagements extérieurs, comme des garde-corps. Sur un territoire insulaire par nature contraint, il a été possible de développer des filières d’approvisionnement. En effet, les ressources qui n’ont pu être remployées sont, a minima, issues du territoire réunionnais. Le bâtiment s’insère aisément dans un quartier résidentiel historique de Saint-Denis.
Le défi relevé : adapter la conception architecturale aux contraintes matérielles
Cinquante ans après sa construction, le bâtiment de l’Institut de Botanique de l’ULiège a bénéficié d’une lourde rénovation énergétique. L’un des axes majeurs du projet a été de conserver les matériaux restaurables sur site. La façade du bâtiment est désormais couverte d’un bardage en bois de réemploi de 2 600 m². Les bardages métalliques de toiture, ainsi que les dalles de béton en aménagement de sols sont également issus du réemploi. La singularité du projet réside également dans la méthode de l’assemblage, au lieu du collage, qui favorise la réversibilité des dispositions. Plus généralement, la moindre maîtrise sur l’offre de matériaux disponible au cours du chantier a conduit les partes prenantes à partir de la matière pour nourrir la conception, et non l’inverse, ce qui constitue une innovation.
Le défi relevé : réemploi de matériaux et responsabilité sociale
La Maison des Canaux, située au bord du canal de l’Ourcq, subit depuis 2017 une réhabilitation lourde dans laquelle s’insère la logique de l’économie circulaire. En effet, 95% des matériaux, produits et équipements utilisés dans le cadre du projet sont issus de la filière réemploi. Par exemple, la terrasse est réalisée en poutrelles métalliques réemployées, le revêtement du sol est constitué de béton de réemploi issu des marches granito d’une des tours de la cité Youri Gagarine à Romainville. Les fenêtres, portes et le mobilier sont également réemployés ou fabriqués à partir de matériaux recyclés. Aussi, le chantier a mobilisé des travailleurs de l’Économie Sociale et Solidaire et des artisans locaux. En somme, ce projet pilote et fortement accompagnée par les pouvoirs publics a fait naître un bâtiment démonstrateur de la rénovation en réemploi.
Le défi relevé : concevoir un bâtiment vertueux et démontable
Cet office de tourisme a fait l’objet d’une conception vertueuse. En effet, son ossature en bambou est entièrement démontable, selon la logique du « cradle to cradle ». De plus, tous les composants du bâtiment sont entièrement recyclables ou réutilisables. Par ailleurs, l’architecture de l’office est composée de matière végétale inerte pour l’isolation, et vivante pour le parement. Cet habillage en fait un biotope à part entière, vitrine vivante de la biodiversité. Le projet illustre ainsi la prise en compte des externalités environnementales des bâtiments dès leur conception.
Le défi relevé : recourir au réemploi pour concevoir le mobilier urbain
Ce prototype d’abri à vélo en bois issus d’anciennes menuiseries extérieures laisse entrevoir sa réplicabilité, tant ce type de mobilier risque de se multiplier. Les bois de menuiseries, souvent incinérés ou enfouis, possèdent pourtant des propriétés intéressantes : durables et esthétiques, ils se prêtent aisément à la disposition dans l’espace public. La charpente de l’abri à vélo est constituée de lamellé-collé surcyclé. Le bardage, ainsi que les range-vélos, sont également fabriqués à partir de bois de menuiserie réemployé. L’installation a d’ailleurs reçu le Prix régional de la construction bois 2021 de la région Pays-de-la-Loire.
Le défi relevé : recourir au réemploi sur des éléments structurels
La passerelle piétonne Re : Crête est faite de blocs de béton sciés dans les murs d’un bâtiment en rénovation et réassemblés sous la forme d’un arc. Ces blocs ont été sourcés auprès de diverses entreprises de démolition et de sciage, avant d’être forées. Les garde-corps sont également issus des filières du réemploi. La passerelle est manifeste de la faisabilité du réemploi de matériaux dans de nouvelles structures porteuses d’ouvrages d’art. Le processus de reconditionnement implique des techniques déjà existantes et maîtrisées par l’industrie de la construction. En somme, ce projet a permis d’éviter 2 848 kg de CO2, ainsi que 7 353 kg de déchets.